jeudi 12 août 2010

Retour sur les lectures de l'année


L'année se termine, c'est le moment de vous parler des livres qui m'ont plu ces douze derniers mois -année scolaire, s'entend. J'en ai sélectionné dix, et essayé de les classer par ordre de préférence. Ça va être un peu long, je suis désolée...


-La Trilogie des Prophéties, P. Bordage. Je n'ai jamais été déçue par Pierre Bordage. Moi qui lisait surtout de l'heroic-fantasy,et bien je me suis progressivement mise à la science-fiction, qui à mon avis peut plus facilement nous amener à réfléchir. Le premier tome, L'Evangile du Serpent, est une réécriture des Évangiles, puisque que nous suivons un homme qui serait un nouveau Christ, invitant les gens à le suivre en laissant tout derrière eux. Et ce à travers quatre "évangélistes", qui, chacun à leur façon, vont se rapprocher de ce Christ. Réflexion magnifique sur notre société médiatique et sur ce besoin de retour aux origines. Dans les deux autres tomes, L'Ange de l'abîme et Les Chemins de Damas, l'Europe est en proie à des guerres de religion, c'est le chaos, les extrémistes chrétiens font la chasse aux musulmans, et les États-Unis se sont vite retirés de ce conflit. Excellent.

-Disgrâce, J.M. Coetzee. En fait, j'ai vu le film avant de lire le livre. Comme j'ai lu dans le générique que c'était l'adaptation d'un roman de Coetzee, je me le suis procuré, et je l'ai lu. David Lurie, professeur blanc de l'université du Cap, Afrique du Sud, la cinquantaine, a une relation amoureuse avec une élève. Ça se sait, et David choisit de ne pas se défendre lorsqu'il passe en commission d'enquête. Il part rejoindre sa fille Lucy au fin fond de la campagne. Lorsque la ferme se fait attaquer très violemment par trois jeunes hommes noirs, Lucy refuse ne veut pas porter plainte. La police est inefficace, selon elle... ce qui semble vrai, d'après les descriptions de l'auteur. Coetzee, je pense, nous fait nous pencher sur cette Afrique du Sud, qui fut un symbole de la lutte contre l'apartheid, et qui finalement est devenue le royaume de la violence, de la haine et de l'injustice. Les intellectuels, représentés par David, se sont-ils battus pour ça ?

-Troie, D. Gemmell. Un David Gemmell différent des autres, on a quitté le domaine de l'heroic-fantasy. Ici, une -énième- relecture de l'Iliade. Mais c'est plus que du Homère simplifié. On ne s'intéresse pas qu'aux héros. Un peu à la manière de la série télé Rome, on suit l'Histoire à travers les yeux d'un soldat, d'un Troyen comme les autres... mais pas que ! Enée, Ulysse, Hector ou Achille sont aussi présents. Et, après réflexion, une personne est présente dans les trois tomes de la trilogie, une personne autour de laquelle est organisé tout le livre. Et cette personne, c'est Andromaque, celle que l'on connaît, mais pas plus que ça. Très bonne idée, cela permet une approche différente de cette guerre de Troie. D'ailleurs, la guerre de Troie n'a lieu que dans le troisième tome, les deux premiers s'intéressant à l'hostilité croissante entre les deux peuples, à l'évolution d'amours, d'amitiés... Ajoutons à cela quelques interprétations personnelles de l'auteur, notamment sur le fameux Cheval de Troie, et voilà, moi qui suis assez passionnée par la mythologie, j'ai été très agréablement surprise par cette trilogie. Tout simplement génial.

-Bridget Jones, H. Fielding. C'est pas souvent que je lis des livres marrants, mais là, quand je suis tombée dessus à la librairie, je me suis dit allez, ça va me faire du bien. Est-il nécessaire de présenter notre amie Bridget, cette célibataire trentenaire tout à fait sympathique ? Vraiment, les deux livres m'ont plu, à peu près autant que les films. Réussi, l'idée du journal. Je pense notamment à chaque début de chapitre, "poids : 57 kg ; cigarettes : 15 ; unités d'alcool : 4". Tordant. Je pense que si le premier m'a dans l'ensemble plus plu que le deuxième, les moments les plus amusants sont dans ce deuxième volume. Le séjour dans la prison thaïlandaise et l'interview de Colin Firth, à mourir de rire. Moment de lecture très agréable. Et puis, c'est qu'on l'aime bien notre Bridget !

-L'Amant de Lady Chatterley, D.H. Lawrence. Depuis 6 mois qu'il était sur ma table de nuit, ça y est, je l'ai ouvert. J'avoue que j'avais peur que les 500 pages que composent ce livre ne passent aussi lentement que les 3 heures du film de Pascale Ferran... Sauf que c'était plus vivant, je trouve. Et je n'ai pas du tout eu la même vision de l'héroïne, Constance. C'est quelqu'un qui pense énormément, et le film ne rend pas toutes ses interrogations. C'est une femme moderne, qui est "condamnée" à passer le reste de sa vie avec un mari paralysé des membres inférieurs, et qui du coup souffre de son impuissance sexuelle, ce qui va l'amener à avoir une relation avec son garde-chasse. Et, outre le côté érotique, le livre est bourré de réflexions sur "ce monde qui change", pendant cette période des années 20. Véritables joutes verbales entre Constance et son mari, aristos qui philosophent sur "l'influence irrésistible du milieu" et bien d'autres sujets. Et j'ai appris il y a peu que l'auteur avait écrit une deuxième version à L'Amant de Lady Chatterley, intitulé Lady Chatterley et l'homme des bois. Alors, différent ? Réponse dès que je l'aurais lu !

-L'Épée de Vérité, T. Goodkind. Quand même, une saga d'heroic-fantasy a sa place dans mon "Top 10" des lectures de l'année. Et quelle série! Même si dans les 10 tomes pour l'instant disponibles en français, certains sont moins biens que les autres, et bien tous les ingrédients y sont pour faire de cette série quelque chose de bon. Forcément, de la magie, genre sorciers, épée magique et tout le tralala. Mais surtout un rythme soutenu qui fait que jamais on ne s'ennuie. Et heureusement, puisque chaque tome fait au moins 500 pages ! Une intrigue captivante. Bref, un très bon moyen de faire connaissance avec l'heroic-fantasy. Et puis, obligatoirement, une histoire d'amour -plus ou moins impossible, of course!

-Les Liaisons Dangereuses, C. de Laclos. Un classique ! Si je suis pas trop 19e siècle, le 18e, ça me branche plus. Les romans, je veux dire. Les divers traités de Rousseau, Diderot et Cie, moins... Enfin, quelque chose d'agréable. Je me suis régalée avec Mme de Merteuil, M. de Valmont et leurs frasques! Si la première partie vous semble ennuyeuse, persévérez, parce que franchement la deuxième c'est du plaisir assuré. Faut un peu le temps de s'adapter au style du roman, qui est épistolaire. C'est une approche différente pour raconter une histoire, assez peu commune. Du coup, on est un peu en position de voyeur, et c'est ça qui est jouissif. Et, pour encore plus de plaisir, le film de Stephen Frears! John Malkovich dans un rôle qui lui va à merveille!

-La Possibilité d'une île, M. Houellebecq. Aimant bien la science-fiction et l'anticipation, me voilà qui fait connaissance avec Michel Houellebecq. On m'a conseillé de commencer par celui-là. Narration intéressante. L'histoire de Daniel, qui va participer à l'arrivée du clonage dans notre monde. Les chapitres dans lesquels Daniel parle de sa vie -un journal, si on veut-, sont entrecoupés de commentaires des descendants de ce "Daniel 1". On a donc les commentaires de chaque passage de la vie de Daniel par des "Daniel 24" ou des "Daniel 25". Réflexion sur le clonage, et aussi sur la relation homme/femme, les femmes occupant une grande place dans la vie de notre héros.

-Petit déjeuner chez Tiffany, T. Capote. De Truman Capote, c'est à peu près la seule chose que j'aie lu. J'avais commencé -et vite reposé- De Sang froid. Et une nouvelle, Mr Jones. Et bien j'ai bien retrouvé cette façon de parler du héros -ici de l'héroïne- par le biais d'un autre personnage. Du coup, on ne sait pas forcément grand chose de cette Holly. Et c'est ce flou qui fait que l'on est captivé à la lecture de ce roman plutôt court. Faut aussi s'y retrouver avec le flash-back tout de suite après le début, un peu brutal, et puis le fait que le narrateur reste anonyme tout le long du livre. On doit le nommer une ou deux fois, et ce vers la fin. Peut-être que je vais réessayer De Sang froid, qui sait ?

-Manon Lescaut, Abbé Prévost. Quand je disais que j'aimais bien le 18e ! Un livre que j'ai été obligée de lire pour le lycée. Comme quoi, il arrive aux profs de français de faire de pas trop mauvais choix de lectures pour les élèves... Les amours d'un "homme de qualité" et d'une courtisane. Et oui, ça ne peut pas fonctionner. Ce que tout le monde cherche à expliquer au héros, mais qu'il ne comprend pas. On le voit qui continue à foncer droit dans le mur, qui s'éloigne du chemin de la vertu. Et on ne peut rien faire. Mais en même temps, sa courtisane, Manon, on a envie de la croire quand elle dit l'aimer d'un amour sincère. Et ce même si elle le trompe sans arrêt avec des hommes riches. En tous cas, moi, je la comprends. Elle aime l'argent, et elle a peur d'en manquer. Quoi de plus normal ? Malheureusement, elle ne finira pas bien. Dommage, je l'aimais bien...


1 commentaire:

  1. Sur le pont d'Avignon. Le coup frappa l'enfant à la mâchoire. Il resta debout. Souriant. Le tireur: rien. Le fusil: aucun. Et il y avait cette aube et ce soir pleins des expectations les plus brillantes.

    S'il vous plait...

    Poétudes

    - Peter Ingestad, Sverige

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